Farewell

Some change has to be done..
I move.

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# Posté le vendredi 16 mai 2008 17:23

Elevation

Elevation
Une soirée, un groupe, des gens..
Des rires, des discussions, des chants..
A priori, rien de discordant. Pourtant, si on y regarde de plus près, il y a elle. Ni plus grande, ni plus petite que les autres, sans signe distinctif ou particulier, elle se fond dans la masse. Seuls peut-être, pour les plus perspicaces, peuvent la trahir son sourire absent et ses yeux perdus dans le vide. Elle ne s'amuse pas, elle ne s'ennuie pas. Elle n'est simplement pas là.

Bien souvent, lors de soirées ou de réunions entre amis, ce sentiment m'envahit imperceptiblement. L'impression de ne pas faire partie de la scène mais plutôt de la vivre d'au-dessus, tel un élément extérieur, un spectateur devant son poste de télévision, un amateur d'art contemplant un tableau, un passant jetant un coup d'oeil à travers une fenêtre.. Je m'éloigne de la réalité, je n'entends plus que des bribes de conversation, de loin, assourdies. La scène se déroule au ralenti et je m'enfonce dans mon cocon protecteur. Les pensées m'assaillent, je m'élève encore, plus haut, toujours plus haut, toujours plus loin, jusqu'à n'être plus consciente du monde et..

"Virginie?"
"Oui?"
"Qu'est-ce qu'il y a?"
"Rien"

Rien.. Réponse universelle et si facilement utilisée, c'est bien souvent le premier mot à émaner du cerveau une fois confronté à cette question. Rien, si peu et pourtant tout à la fois. "Rien", ça passe tellement mieux que "je ne sais pas".
Et pourtant, je ne sais pas. C'est une constatation quelque peu déroutante, déstabilisante. C'est l'absence de repères et de certitudes, le retour à la case départ. Game over, try again. C'est pourtant l'impression que j'ai alors qu'assise au soleil j'essaie de démêler les fils de mon existence.
Je ne sais pas ce que j'ai, je ne sais pas ce que je fais. Je ne sais pas ce que je veux et je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce que je ressens, je ne sais pas quoi.

Je ne cherche pas à comprendre, je ne cherche plus à lutter. J'ai depuis longtemps appris à admettre celle que je suis. La solitude et la réflexion font partie de moi, elles me définissent, me caractérisent. Les pensées ont beau être le meilleur ennemi de l'homme, quelquefois elles me servent, elles m'aident, me délestent de ces sentiments trop longtemps accumulés et refoulés. Bien souvent, ces moments de réflexion surviennent quand je m'y attends le moins, lorsque la bienséance ou l'absence de matériel m'empêchent de les consigner sur papier. On note des mots-clés, on retient l'idée.. Bien trop insipide, elle s'envole sitôt le dos tourné.
Jusqu'à la prochaine fois..
# Posté le vendredi 25 avril 2008 14:40

Mesdemoiselles, mesdames, messieurs, s'il vous plaît..

Mesdemoiselles, mesdames, messieurs, s'il vous plaît..
Nous l'avions attendu. Nous l'avions préparé. Nous avions décompté les jours jusqu'à cette date fatidique, ce 19 mars qui nous semblait si proche et pourtant si loin. Et enfin, il est arrivé. Par un froid mercredi matin, c'est déterminés à tout faire pour que ce voyage reste à jamais gravés dans nos mémoires que nous avons pris place dans l'avion qui, en trois heures, allait nous amener jusqu'à destination : Casablanca. Pendant huit jours, sillonnant le Maroc du nord au sud et d'est en ouest, affrontant tour à tour la pluie, le vent, la neige mais profitant également de ce soleil que nous étions venus chercher, nous avons pour un temps oublié qui nous étions, les groupes auxquels nous appartenions et les préjugés que nous avions battis. Pendant huit jours, faisant fi de l'image que nous donnions de nous dans ce cercle fermé qu'on appelle école, nous avons appris à nous connaître, à nous cotoyer et à nous apprécier. Pendant huit jours, nous avons rêvé.

Un voyage rhéto se doit d'être mémorable. Le nôtre l'aura été au delà de toute attente. Réussi aussi bien d'un point de vue culturel qu'humain, il restera en nous jusqu'à la fin de nos jours comme l'accomplissement de six années. Il représentera pour la plupart les derniers souvenirs, les derniers moments passés tous ensemble. Il symbolisera la fin d'un tout, la passerelle vers un autre monde, une autre vie. Il restera avant tout une expérience unique d'un point de vue humain. Car dans une dizaine d'année, ce ne sont pas des petites ruelles de Rabat que nous nous souviendrons, ce n'est pas la tête de dromadaire des souks de Fes ni les routes sinueuses du Haut Atlas que nous évoquerons en souriant. Dans une dizaine d'année, ce dont on se souviendra, c'est d'eux, des personnes qui ont fait de ce voyage ce qu'il a été, qui l'ont rendu plus grandiose encore qu'on n'aurait pu l'imaginer et qui en ont fait un rêve à l'état pur. Dans une dizaine d'année, leurs noms resteront ancrés dans nos mémoires, les traits de leurs visages gravés à tout jamais et leurs voix résonnant encore à nos oreilles :


"Ya de la contraception dans l'air.."


"Oh, regarde, ya des vaches comme chez nous, elles sont même pas bronzées!"

"Tu veux intercepter ma main?"
"Santé! Non, avec.."

"Elle est méchante elle, faut la toucher partout!"

"Oh, le beau soleil bleu!"

"Ya pas de vierges dans ce pays.."
"J'ai remarqué, quand je bois beaucoup je tiens l'alcool.."



"Mais c'est quoi ce pays où on peut même pas violer les gens?!"
"Charmante.. Ta gueule!"



# Posté le samedi 29 mars 2008 15:43
Modifié le samedi 29 mars 2008 16:31

Remember..

Remember..
"Dix-huit ans, elle aurait eu dix-huit ans.."

Cette phrase me frappe de plein fouet, comme un brusque retour à la réalité, une descente sur Terre en chute libre. Dix-huit ans.. Pour beaucoup d'entre nous, c'est un âge symbolique. C'est la majorité, l'âge du permis de conduire, l'âge de rentrer à l'université et de commencer une vie plus libre, plus indépendante. C'est l'âge de voter, d'être responsable, de voler de ses propres ailes. Pour moi, aujourd'hui, c'est simplement l'âge qu'elle n'aura pas atteint, l'âge qu'elle aurait dû avoir.

Je ne ferai pas l'ingrate en prétendant que ces souvenirs me hantent. De l'eau a coulé sous les ponts, la douleur s'est estompée et seule persiste aujourd'hui cette cicatrice des blessures morales, aussi profonde que les dates gravées sur la pierre tombale. Chacun a poursuivi son chemin, pliant le coin de la page mais continuant le livre, vivant sa vie avec au fond de sa mémoire un visage, un timbre de voix, un souvenir.
Rares sont ceux qui peuvent déclarer sans mentir y penser tous les jours. Pour la plupart, nous continuons notre chemin comme si de rien n'était, prenant parfois le temps de s'arrêter pour ressortir d'un vieux coffre usé des images jaunies par le temps, mais si vivaces à l'esprit de qui les a vécues. Cela ne dure cependant pas et immanquablement, la vie se poursuit, sans pitié pour ceux qu'elle a mutilés.

Non, ces souvenirs ont fini de me poursuivre. Néanmoins, il est des dates, marquées d'une pierre blanche, qui méritent que l'on s'y arrête. Le 6 mars en est une, et les questions se bousculent dans ma tête comme autant de regrets informulés. Et elle, à cette époque où nous sommes sur le point de nous éclater vers les différentes universités du pays, qu'aurait-elle fait? Que serait-elle devenue? Aurions-nous gardé contact? Tant d'interrogations qui resteront à jamais sans réponses.. Je ne vous ferai pas le laïus du "elle était jeune, elle était belle et pleine de vie", je ne vous citerai pas son nom et ne vous raconterai pas son histoire. Telle n'est pas la raison d'être de ce texte. Je garderai simplement en moi l'espoir que ceux qui liront ces lignes en connaissance de cause n'auront pas oublié et continueront à se souvenir.



Souvenez-vous, souvenez-vous de ce 23 de décembre,
Souvenez-vous de ce jour, souvenez-vous en,
A l'oubli je ne peux me résoudre.


Picture by Will

# Posté le vendredi 07 mars 2008 16:19
Modifié le vendredi 07 mars 2008 16:30

Back to the start

Back to the start
Rares sont les personnes qui peuvent se vanter de mener la vie qu'elles désirent. La plupart des gens se heurtent à un obstacle ou l'autre, une barrière les empêchant de vivre pleinement l'existence à laquelle elles aspirent et les faisant attendre, encore et toujours, que les choses changent. L'être humain a ceci de particulier qu'il n'est jamais satisfait de ce qu'il possède. Immanquablement, quoique l'on ait, nous aspirons sans cesse à plus, à mieux que ce qui est en notre possession, nous refusant ainsi ce "bonheur" duquel on parle tant sans jamais prétendre l'avoir connu.

On attend, on décompte les jours, persuadés que le changement se fera de lui-même et que tout n'est qu'une question de temps. On se dit "et si..", on envisage une action, on n'en finit pas moins par encore et toujours attendre, se persuadant soi-même qu'il n'y a rien à faire.
Il arrive toutefois que les choses s'arrangent en effet d'elles-mêmes. La plupart du temps, néanmoins, elles changent d'une toute autre manière, nous faisant regretter ce temps où l'on se plaignait de ne pas avoir ce que l'on désirait. On sombre, on se débat contre l'adversité, on s'épuise, attendant que se présente une main secourable qui nous tire vers le haut et nous fasse remonter à la surface. Trop faible pour sortir de l'eau, on commence alors à flotter à la dérive, désintéressé de son sort.

Souvent, on croit avoir retrouvé ses forces. On réendosse son armure, on se lève et on part à la recherche de nouvelles aventures, d'une nouvelle histoire. On se dit que c'est mieux ainsi, on se croit fort, on se croit invincible, gonflés de l'orgueil et de la fierté de s'en être sorti, d'avoir surmonté l'épreuve. Bien souvent, ce n'est que pour s'effondrer quelques pas plus loin, fous d'avoir présumé de ses forces, fous de s'être cru plus fort que le monde, plus fort que soi. La réalité nous rattrape et nous force à regarder en face ce que l'on s'était appliqué à cacher, à soi comme aux autres. Le colosse se révèle avoir des pieds d'argiles et s'effondre d'autant plus qu'il visait le sommet de la montagne. Retour à la case départ, tout est à refaire.

Quelquefois, un instant de répit nous est accordé. On respire, euphoriques d'échapper pour un jour ou deux à l'oppressante sensation de ne pas être à sa place, de jouer un rôle. On est bien, on est soi et on se sent vivre, vivre et exister. On voudrait arrêter le temps pour ne jamais, plus jamais vivre autre chose que ce moment. Hélas, la fin survient toujours trop tôt et les retrouvailles avec notre vie de tous les jours n'en sont que plus pénibles, inséparables de cette douleur exacerbée d'avoir, pour quelques heures en sursis, vécu enfin autre chose, vécu une autre vie.
# Posté le samedi 23 février 2008 16:50
Modifié le samedi 23 février 2008 18:40