Une soirée, un groupe, des gens..
Des rires, des discussions, des chants..
A priori, rien de discordant. Pourtant, si on y regarde de plus près,
il y a elle. Ni plus grande, ni plus petite que les autres, sans signe distinctif ou particulier, elle se fond dans la masse. Seuls peut-être, pour les plus perspicaces, peuvent la trahir son sourire absent et ses yeux perdus dans le vide. Elle ne s'amuse pas, elle ne s'ennuie pas.
Elle n'est simplement pas là.Bien souvent, lors de soirées ou de réunions entre amis, ce sentiment m'envahit imperceptiblement. L'impression de ne pas faire partie de la scène mais plutôt de
la vivre d'au-dessus, tel un élément extérieur, un spectateur devant son poste de télévision, un amateur d'art contemplant un tableau, un passant jetant un coup d'oeil à travers une fenêtre..
Je m'éloigne de la réalité, je n'entends plus que des bribes de conversation, de loin, assourdies. La scène se déroule au ralenti et je m'enfonce dans mon cocon protecteur. Les pensées m'assaillent, je m'élève encore, plus haut, toujours plus haut, toujours plus loin, jusqu'à n'être plus consciente du monde et..
"Virginie?"
"Oui?"
"Qu'est-ce qu'il y a?"
"Rien"
Rien.. Réponse universelle et si facilement utilisée, c'est bien souvent le premier mot à émaner du cerveau une fois confronté à cette question. Rien, si peu et pourtant tout à la fois.
"Rien", ça passe tellement mieux que "je ne sais pas".Et pourtant, je ne sais pas. C'est une constatation quelque peu déroutante, déstabilisante. C'est l'absence de repères et de certitudes, le retour à la case départ.
Game over, try again. C'est pourtant l'impression que j'ai alors qu'assise au soleil j'essaie de démêler les fils de mon existence.
Je ne sais pas ce que j'ai, je ne sais pas ce que je fais.
Je ne sais pas ce que je veux et je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce que je ressens, je ne sais pas quoi.
Je ne cherche pas à comprendre, je ne cherche plus à lutter. J'ai depuis longtemps appris à admettre celle que je suis.
La solitude et la réflexion font partie de moi, elles me définissent, me caractérisent. Les pensées ont beau être le meilleur ennemi de l'homme, quelquefois elles me servent, elles m'aident, me délestent de ces sentiments trop longtemps accumulés et refoulés. Bien souvent, ces moments de réflexion surviennent quand je m'y attends le moins, lorsque la bienséance ou l'absence de matériel m'empêchent de les consigner sur papier. On note des mots-clés, on retient l'idée..
Bien trop insipide, elle s'envole sitôt le dos tourné.Jusqu'à la prochaine fois..